17 mars - 14 avril 2007

FR/UK

Claire Fontaine
Téléphone Arabe

Claire Fontaine est un collectif fondé en 2005 à Paris dont le travail reprend souvent les codes de l’art conceptuel pour les détourner ou les faire exploser.

Pour sa première exposition à la galerie Air de Paris, "Téléphone Arabe", Claire Fontaine s’intéresse aux mécanismes de déformation des messages politiques. Un caisson lumineux montant l’image étrangement pixélisée de trois émeutiers en Grèce pendant l’été 2006 fait partie d’une série intitulée Visions du monde, entièrement consacrée aux confusions et aux incompréhensions dans l’information globalisée. Deux textes en néon réactivent des inscriptions murales trouvées dans les rues de Paris. L’éternité par les astres est un hommage aux prisonniers politiques de tout temps et de tout lieu, par intermittence il éclaire les armes et les larmes comme conséquences constantes du monopole de la violence. Il y a trop d’innumaniter est j’ai pas trouver mon droit vient du campement des sans abri du canal Saint Martin, le sens de la phrase triomphe de la rigidité de la grammaire et affirme la peine de la pauvreté comme la seule règle valable pour ceux qui n’ont rien.

Les sculptures qui se trouvent au sol, les brickbat ainsi que la play-station diffusant une version muette de La Société du Spectacle de Guy Debord, interrogent de manière impertinente le pouvoir du langage sur les corps et les rapports entre culture et marchandises.
Deux drapeaux brodés de textes rappellent les soubresauts nationalistes qui ont secoué ces dernières années la France et ses habitants.
Une « sculpture de poche » est accrochée juste à côté de la porte d’entrée, il s’agit d’une copie des clés de la galerie, obtenue avec une technique ultra-rapide utilisée par la CIA et à la portée de tout internaute. Elle rappelle une valeur d’usage de l’œuvre d’art qui est la possibilité de désorganiser les mécanismes de la propriété privée ou du moins d’en questionner l’évidence. Un texte intitulé Notes en bas de page sur l’état d’exception et un plan de la France tiré d’un atlas pour des écoliers arabes sont posés au sol et offerts aux visiteurs. Ils rappellent que la guerre n'est pas seulement loin de nous, dans des pays étrangers, mais au cœur de ce qu’on croit le plus intime et le plus protégé par le système capitaliste global.

 
Leonor Antunes
the space of the window

Dans un entretien sur la sculpture en photographie, Gabriel Orozco définissait la photographie comme « the space of the window ». C’est le titre qu’a choisi Leonor Antunes pour son exposition à Air de Paris et c’est également le titre d'un livre qu’elle a réalisé spécialement pour l’occasion. Comme pour ses précédentes publications, le format est celui d'un carnet Moleskine dont les pages intérieures se déploient en accordéon. Il reprend les dimensions du carnet mais agrandi dans un rapport d'échelle homothétique.

En 2004, Leonor Antunes a passé plusieurs mois en résidence à Paris. Postée devant sa fenêtre, l'artiste a reproduit en plasticine les éléments d'architecture qui lui faisaient face. Isolés et mis en forme, ces modèles font penser à des répliques low tech de sculptures minimalistes. Leur format équivoque de petits jouets de construction est en contradiction avec l'esthétique froide et distante de la ville. L’artiste a choisi de les présenter dans une vitrine de Jean Prouvé afin de créer une concordance des temps entre le design du support et la référence au minimalisme.

Par la suite, Leonor Antunes a photographié, une à une, les sculptures, avec en arrière-plan le paysage urbain qui les avait inspirées. Ces photographies sont celles qui composent son livre « the space of the window ». Au recto, le leporello compile dix photographies avec une mise au point sur le modèle tandis qu’au verso, ces mêmes photographies font la mise au point sur le paysage urbain. Avec une économie de moyens, elles produisent une équivalence entre l'intérieur et l'extérieur balayant la problématique de l'original et de la copie. Elles posent un regard "abstrait" et distrait sur la ville, et mettent en exergue les liens formels entre l'architecture et l’histoire de la sculpture.
Le livre est exposé sur un meuble en bois dessiné spécialement et posé sur un sol en linoléum reproduisant celui qui se trouvait dans l'atelier de l'artiste à Paris. Cette nouvelle mise en scène, à connotation sixties, nous projette dans un univers volontairement (re)construit et ambigu.

Cette exposition bénéficie du soutien de l'Institut Camoes à Paris.

La rue Louise Weiss fête ses 10 ans

samedi 17
> v
endredi 23 mars

Pierre Joseph, Manga (personnage à réactiver) 1997-2007
performance le 17 mars de 17h à 20h

samedi 24
> vendredi 30 mars
Guy de Cointet [1934-1983], projection de "Tell Me" (1978)
Performance de Guy de Cointet présentée dans le cadre de l’exposition « Faire des choses avec des mots / Making words with things » le 17 novembre 2006 au Centre Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon, commissariat Marie de Brugerolle.
« Tell Me », Denise Domergue, Helen Mendez Berlant, Jane Zingale, Mise en scène Bob Wilhite / Réalisation du film Julie Artaud et Lucas Mancione / ©Association Nouvelle Vague

samedi 31 mars
> vendredi 6 avril
Continuous Project, projection du film
"Performance Appropriated" at the MUMOK and Tanzquartier in Vienna from November 8 to 18, 2006.

samedi 7 avril
> samedi 14 avril
Pourquoi tant de n ?
une proposition du Air Group
avec Nicolas Boulard, Eléonore Delardemelle, René Duran, Fanette Chavent, Lorraine Féline, Jacques Floret, Leylagoor, Rémi Uchéda...


samedi 14 avril

Live concert
Gentlemen Drivers + Frontal de 16h à 20h
http://www.myspace.com/gentlemendrivers
http://www.myspace.com/kingfrontal
Claire Fontaine
Téléphone Arabe

Founded in Paris in 2005, the Claire Fontaine collective often homes in on the codes of Conceptual Art with a view to subverting or demolishing them. For "Téléphone Arabe" (Chinese Whisper), its first exhibition at Air de Paris, Claire Fontaine takes a look at the mechanisms behind the distortion of political messages. A lightbox showing the weirdly bitmapped image of three rioters in Greece during the summer of 2006 is part of a series titled Visions du monde , entirely devoted to the confusion and incomprehension that mark globalised information. Two neon texts bring new life to graffiti found on walls in Paris streets.  

L'éternité par les astres is a tribute to political prisoners everywhere and at all times, with a flashing light revealing weapons and tears as the perpetual consequences of the monopoly of violence. Il y a trop d'innumaniter est j'ai pas trouver mon droit comes from the homeless camp along the Canal St Martin in Paris: the meaning of the sentence triumphs over the wonky grammar in its assertion of the ordeal of poverty as the sole rule for those who have nothing.

The sculptures on the floor - both the brickbats and the PlayStation running a silent version of Guy Debord's Society of the Spectacle - speculate cheekily about the power of language over the body and the relationships between culture and merchandise. Two text-embroidered flags are a reminder of the nationalist jolts felt by France and its inhabitants in recent years. Beside the door hangs a "pocket sculpture": a copy of the keys to the gallery, produced using an ultrafast CIA technique anyone can access on the Internet. It reminds us of the fact that art can be used to disrupt the mechanisms of private property, or at least challenge their seemingly self-evident character. A text titled Notes de bas de page on the state of emergency and a map of France from an atlas for North African schoolchildren are placed on the floor, and also given to visitors. They remind us that war is not only a long way away, in foreign countries, but also present at the heart of everything we believe to be most private and best protected by the global capitalist system.

 
Leonor Antunes
the space of the window

In the course of an interview on the photography of sculpture, Gabriel Orozco defined photography as "the space of the window". This is the title chosen by Leonor Antunes both for her exhibition at Air de Paris and for the book she has created to mark the occasion. Like her earlier publications, this one uses the Moleskin notebook format with accordion pages, although the actual dimensions have been increased on a scale appropriate to the work.

In 2004 Antunes spent a residency of several months in Paris. Looking out her window at the details of the buildings opposite, she made plasticine models which, reworked and shown separately, are reminiscent of low-tech replicas of minimalist sculptures. Their equivocal format - they look like little building toys - is in contradiction with the cold, detached aesthetic of the city, and the artist has opted for showing them in a Jean Prouvé vitrine, establishing a temporal fit between the latter's design and the reference to minimalism.  

Antunes then went on to photograph the sculptures one by one against the background of the urban landscape that had inspired them. These are the photographs that make up her book the space of the window . On the recto the leporello uses ten photographs focusing on the models themselves, while on the verso the focus is on the urban backdrop. With real economy of means the images establish an inside/outside equivalence that does away with the issue of the original and the copy. They bring an "abstract", absent-minded eye to the city, and highlight the formal links between architecture and the history of sculpture.

The book is displayed on a specially designed stand, while the floor covering is the same linoleum as in the artist's studio in Paris at the time. This move to a sixties-inflected mise en scène projects us into a deliberately (re)constructed, deliberately ambiguous world.


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