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Trois expositions du 20 octobre au 03 décembre 2011 |
Liam Gillick Sit in the machine |
La nouvelle exposition personnelle de Liam Gillick à Air de Paris comprend deux nouveaux films et une série de nouvelles structures. Le premier film est issu d’une visite filmée, dans une forme idéalisée, de l’usine VOLVO KALMAR, à partir de prises de vue du début des années 70. Le second film a été développé à partir d’un court clip sur un groupe d’ouvriers assis à l’intérieur d’une machine qui donne forme au métal. Ils sont forcés de s’incliner à chaque fois que la presse appuie sur les plaques de métal qu’ils replacent indéfiniment dans le mécanisme. Contrastant avec la vision idéalisée présentée dans le film sur l’usine Volvo, les ouvriers dans ce dernier film sont littéralement devenus part du mécanisme de production. Une aire de repos, modélisée à partir des aires de repos disponibles pour les ouvriers des usines Volvo Kalmar, est attenante aux deux films. Des posters correspondant aux deux films, ainsi que l’ébauche du texte du livre “Construction of One”, long de 45 000 mots maintenant, seront présentés dans cette aire. Dans l’oeuvre de Liam Gillick depuis plus d’une vingtaine d’années, la question apparemment irrésoluble de la répétition et des relations parallèles a fonctionné comme un véritable opérateur. Cet outil structurel déployé comme un miroir fracturé a permis de poser des questions sur la production plutôt que la consommation. “Vous pouvez constater que dans mon oeuvre il y a un constant dualisme entre le désir de garder le fantôme d’une structure détruite (soit de maintenir une sorte d’objet d’art semiautonome qui puisse être différencié de tout autre objet par ses qualités “artistiques”) et le désir d’utiliser beaucoup de données extérieures, comme des structures basées sur des projets et qui débordent dans des méthodologies documentaires pour penser les questions de production dans un contexte élargi.” Entretien avec Hans-Ulrich Obrist, 2011 Liam Gillick est un artiste basé à Londres et New York. Parmi ses nombreuses expositions personnelles : The Wood Way, Whitechapel Gallery, Londres, 2002; A short text on the possibility of creating an economy of equivalence, Palais de Tokyo, 2005, ainsi que la rétrospective Three Perspectives and a short scenario, Witte de With, Rotterdam, Kunsthalle Zurich, Kunstverein, München et le MCA, Chicago, 2008-2010. Il a été nominé pour le Turner Prize en 2002 et les Vincent Award au Stedelijk Museum d’Amsterdam en 2008. Parmi les nombreuses commandes et oeuvres publiques qu’il a menées à bien, on peut citer : the Home Office à Londres (2005) et le Dynamica Building à Guadalajara, Mexico (2009). En 2006 il fut une des figures centrales du projet d’école libre unitednationsplaza à Berlin qui fut présenté à Mexico City et New York. Liam Gillick a publié de nombreux textes, liés à ses oeuvres. Proxemics (Selected writing 1988-2006) JRP-Ringier a été publié en 2007, de même que la monographie Factories in the Snow éditée par Lilian Haberer, JRP-Ringier. MIT Press a publié un receuil de textes intitulé Meaning Liam Gillick (2009). Une anthologie de ses écrits d’artiste intitulée Allbooks a également été publiée par Book Works, Londres (2009). Liam Gillick a collaboré à de nombreuses revues comme Parkett, Frieze, Art Monthly, October et Art Forum. Il a été choisi pour représenter l’Allemagne à la 53ème Biennale de Venise en 2009. Une importante exposition consacrée à son oeuvre a eu lieu en avril 2010 à la Kunst und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland en avril 2010. Il enseigne à la Columbia University de New York depuis 1997 et au Centre for Curatorial Studies at Bard College depuis 2008. Ses oeuvres ont été acquises par de nombreuses collection publiques, dont : Government Art Collection, UK; Arts Council, UK; Tate, Londres; Museum of Modern Art, New York; Guggenheim Museum, New York; Hirshhorn Museum, Washington DC; Museum of Contemporary Art, Chicago ; Centre Pompidou, Paris… |
dans la vitrine Antoine Espinasseau 12 septembre - 20 octobre 2011 ![]() |
Florbelle (after Sade) |
ll ne nous reste rien du dernier roman écrit par le Marquis de Sade. Juste le titre - Les Journées de Florbelle ou La Nature dévoilée - et les indications qu'il s'était données lors de relectures. Ses Notes ne nous apprennent que très peu de choses sur le contenu du livre. Il s’agit d’indications qu’il s’adresse comme si elles venaient d’un autre, à l’impératif (“Otez, Rajoutez, Donnez, Peignez, Souvenez-vous…”). Il compte les feuillets, calcule le temps qu’il lui faudra pour en venir à bout, s’assure de la cohérence des actions avec la récurrence des personnages, tâche d’éviter des répétitions, décline des listes de lieux… A proprement parler, il indique les opérations qu’il lui reste à faire pour corriger cet ultime roman. Ses Notes sont analogues à ses écrits, à leur structure. Il s’agit de descriptions d’opérations, dont l’énumération, le récit précède la réalisation. L’oeuvre manquante devient prescription, intention, liste – programmatique et potentielle, loin de la subversion qu’elle prépare et pourtant rend possible. Bien que chronologiquement secondes, par la disparition du texte qu’elles annotaient, les Notes pour Les Journées de Florbelle sont devenues originales. Indices des fantasmes de Sade enfermé dans l’asile de Charenton, elles deviennent elles-mêmes objet de fantasmes, malgré leur dimension spécifiquement textuelle. Elles nous forcent à opérer un recul critique : l’amendement d’une oeuvre en est devenu une. Les Notes venaient “après”, elles se sont affranchies de tout exercice de reprise. A cette condition elles permettent un après (after). L’exposition Florbelle (after Sade) est alors l’occasion de lier une sélection d’oeuvres à autant de ces Notes : qu’il s’agisse de prints (Jay Chung & Q Takeki Maeda, Monica Majoli, Fabian Marti, Virginia Overton), d’une pièce inédite (Josef Strau), ou d’oeuvres choisies (Pierre Klosowski, Virginia Overton, Anne Laure Sacriste, Benjamin Swaim). Que ces oeuvres, quoique abouties, revêtent une forme préparatoire (Jay Chung & Q Takeki Maeda, Anne Laure Sacriste) ou soient le signe du temps de leur préparation (Fabian Marti, Virginia Overton, Josef Strau), elles n’en oublient pas pour autant la dimension irrationnelle (Pierre Klossowski, Monica Majoli, Benjamin Swaim) à laquelle elle n’en finissent pas de nous préparer. |
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Three exhibitions from October 20 to December 03 2011
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Liam Gillick Sit in the machine |
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Liam Gillick’s exhibition at Air de Paris comprises two new films and a series of new structures. The first film is derived from a filmed tour, in idealised form, of the Kalmar Volvo factory, shot in the early 1970s. The second film is developed from a short clip of a group of car workers sitting inside a metal machine press, having to bend over each time the press bears down on the metal forms they repetitively place into the mechanism. In contrast to the idealised vision presented in the Volvo film, the car workers in this case have literally become part of the mechanism of production. Adjacent to the two films is a “relaxation area”, modelled after the rest areas that were provided for each team at the Kalmar plant. Posters for the two films and the artists ongoing draft text of the book Construction of One, now 45,000 words long, will be located in this area. Throughout the artwork over the last twenty years, the question of doubling, parallels and apparently unresolvable relationships has been a structural tool deployed as a fractured mirror of questions around production rather than consumption. “You can see that in my work that there's a constant dualism, which is between the desire to retain a ghost of a broken structure – to maintain some kind of semi–autonomous art object that can be differentiated from everything else by its “art” quality, and at the same time, to use many of the things that we’ve used, like research, project-based structures and stepping out into documentary methodology to think about questions of production in the broader context.” Interview with Hans Ulrich Obrist, 2011 Liam Gillick is an artist based in London and New York. Solo exhibitions include The Wood Way, Whitechapel Gallery, London, 2002; A short text on the possibility of creating an economy of equivalence, Palais de Tokyo, 2005 and the retrospective project Three Perspectives and a short scenario, Witte de With, Rotterdam, Kunsthalle Zurich, Kunstverein, München and the MCA, Chicago, 2008-2010. He was nominated for the Turner Prize in 2002 and the Vincent Award at the Stedelijk Museum in Amsterdam in 2008. Many public commissions and projects include the Home Office in London (2005) and the Dynamica Building in Guadalajara, Mexico (2009). In 2006 he was a central figure in the free art school project unitednationsplaza in Berlin that travelled to Mexico City and New York. Liam Gillick has published a number of texts that function in parallel to his artwork. Proxemics (Selected writing 1988-2006) JRP-Ringier was published in 2007 alongside the monograph Factories in the Snow by Lilian Haberer, JRP-Ringier. A critical reader titled Meaning Liam Gillick, was published by MIT Press (2009). An anthology of his artistic writing titled Allbooks was also published by Book Works, London (2009). In addition he has contributed to many art magazines and journals including Parkett, Frieze, Art Monthly, October and Art Forum. Liam Gillick was selected to represent Germany for the 53rd Venice Biennale in 2009. A major exhibition of his work opened at the Kunst und Ausstellungshalle der Bundesrepublik Deutschland in April 2010. He has taught at Columbia University in New York since 1997 and the Centre for Curatorial Studies at Bard College since 2008. Public collections include: Government Art Collection, UK; Arts Council, UK; Tate, London; Museum of Modern Art, New York; Guggenheim Museum, New York; Hirshhorn Museum, Washington DC; Museum of Contemporary Art, Chicago. |
in the window Antoine Espinasseau September 12 - October 20 2011 presented by Eric Troncy ![]() |
Florbelle (after Sade) |
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Nothing has come down to us of the Marquis de Sade's last novel, except the title –Les Journées de Florbelle ou La Nature dévoilée (The Days of Florbelle; or, Nature Unveiled) – and jottings he made while rereading the manuscript. Suggestions addressed to himself as if coming from someone else, these Notes pour Les Journées de Florbelle–“Take out, Add, Intensify, Pare down, Remember” – tell us very little about the book's content. Sade counts his pages, calculates how long it will take him to finish, checks the action against the reappearances of the characters, strives to avoid repetitions, makes lists of places, and so on. Strictly speaking, he is signalling the operations remaining for the editing of this last novel. The Notes are, structurally, just like his writings: descriptions of operations whose enumeration and narration here precede the effectuation. The missing work is thus transformed into prescription, intention, list: something programmatic and latent, far removed from the subversion it is working towards, even as it makes it possible. While chronologically later, the Notes have been turned by the loss of the text they annotate into an original work. Clues to Sade's fantasising in the asylum at Charenton, they themselves become the subject of fantasy, despite their specifically textual aspect. They impose critical distance on us: the emendation of a work has become a work. The Notes that came "after" have been emancipated from all notion of rewriting. Given this, they allow an after. The exhibition Florbelle (after Sade) is the opportunity to link a choice of works with an equal selection of Notes: prints (Jay Chung & Q Takeki Maeda, Monica Majoli, Fabian Marti, Virginia Overton), a brand new piece (Josef Strau) or a selected work (Pierre Klosowski, Virginia Overton, Anne Laure Sacriste, Benjamin Swaim). While some of these works, though accomplished, retain a preliminary form (Jay Chung & Q Takeki Maeda, Anne Laure Sacriste) or be the sign of the times of their preparation (Fabian Marti, Virginia Overton, Josef Strau), a place remains for the irrational side (Pierre Klossowski, Monica Majoli, Benjamin Swaim) for which they ceaselessly |